"Lamentable..."
ULTRAS MONACO Eddy, pilier du groupe monégasque, était bien sûr au Louis II samedi soir. Il nous livre son sentiment.
Lundi 1 Février 2010
Eddy, qu'as-tu vu des incidents d'après-match ?
J'ai vu que tout se passait bien pendant plusieurs minutes après le coup de sifflet final. Et puis on a aperçu un mouvement de foule et des gens sur le terrain. Et ensuite, tous ces débordements gratuits... Plus tard, j'ai croisé le père d'un membre des ultras Monaco. Supporter de Nice, il sortait de la populaire G. Il m'a raconté que les CRS ont utilisé les gaz lacrymogènes car une petite dizaine de gars contre le grillage les insultaient. Cette version-là, je l'ai entendue plusieurs fois ensuite, puisqu'aux abords du stade on a croisé de nombreux Niçois.
Ton sentiment sur ces incidents ?
Je regrette amèrement qu'on accuse encore les groupes de supporters. Les leaders, seuls, ne peuvent pas tenir une tribune entière. C'est faux de le penser. Pour moi-même, à Monaco, c'est impossible. Alors comment voulez-vous que ça le soit à Nice, St-Etienne ou Paris ? Ce n'était quand même pas les 3000 Niçois qui sont descendus sur la pelouse après la rencontre. Il y avait un centaine de personnes, pas plus. C'est donc lamentable de mettre tous les supporters niçois dans le même sac, et d'accuser les groupes de tous les maux.
Les images montrent que des Niçois venaient charger la tribune monégasque...
Charger quoi ? La tribune était quasi-vide. Tout le monde était parti, car le match était alors fini depuis plusieurs minutes. Nous n'étions plus que quelques-une à plier le matériel. Effectivement, j'ai vu des jeunes courir vers nous. Mais pour les connaître depuis quinze ans que les Ultras Monaco existent, je n'ai pas reconnu un seul des leaders de la Brigade Sud.
"Chaque fois qu'il se passe un truc à Nice..."
Quel est l'état de vos relations ?
Elles sont très bonnes. C'est bien simple : en quinze ans et donc un paquet de derbys, il n'y a jamais eu le moindre problème entre nous. Samedi encore, comme à chaque derby, nous nous sommes croisés en ville avant le match, et sans le moindre souci. En dehors des stades, on se voit régulièrement. Entre ultras niçois et monégasques, il n'y a aucune rivalité. Tout simplement parce que Nice et Monaco sont deux mondes totalement différents. Ils sont 2000, nous sommes 100. Immiscer une rivalité entre nous serait le comble du ridicule. Et puis je vous parlais tout à l'heure de cet ultra monégasque dont le père était en tribune niçoise. Je pourrais aussi vous parler du membre de notre bureau dont le frère jumeau est un pilier de la BSN ! Et des exemples comme ça, j'en ai plein les poches.
Le traitement médiatique ?
Je n'ai pas encore tout vu ni tout lu, mais c'est le traitement habituel quand il s'agit des supporters. Certaines choses que j'ai lues m'ont paru de la désinformation tant elles étaient fausses, et surtout l'ensemble me paraît disproportionné. On est quand même en train de traiter de "voyous" plus de 2000 personnes, pour 100 gamins qui était sur la pelouse. Et pourquoi tout Nice ne serait pas coupable tant qu'on y est ? Il y a souvent des manifs étudiantes, et quelques-unes connaissent également des débordements. Les étudiants sont-ils tous des casseurs pour autant ?
D'après vous, les Niçois bénéficient-ils d'un "traitement de faveur" ?
C'est clair et net. Déjà, s'agissant des supporters, tout est toujours disproportionné. Mais alors chaque fois qu'il se passe un truc à Nice, on en fait un drame national ! Pour vous donner un exemple : l'affaire Rémy, il y a dix jours. La presse en a fait ses choux gras. Nous avons un le même problème chez nous il y a quelques semaines, sans qu'elle en fasse le moindre écho.
B.G.
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