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La Haine

MENTAL Haïr la défaite, vénérer la victoire. Deux attitudes dont l’AS Cannes n’a plus d’alternative que de s’imprégner pleinement.


Samedi 16 Janvier 2010

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Le vœu formulé par les supporters n’a pu être exaucé par l’équipe ascéiste balayée 3-0 à Ajaccio, en dépit d’une animation de jeu estimée séduisante par les observateurs. Bien figurer en Coupe de France comptait pourtant parmi les doléances les plus affirmées des fidèles du club. Las, nous n’irons pas à Bordeaux quand Evian affrètera le nombre de TGV nécessaire pour embarquer les siens vers le Parc des Princes. Pain noir contre pain blanc.
Il est dit que la formation rouge et blanche version deuxième semestre 2009 ne vaut guère mieux que son classement actuel. Place donc à la nouvelle AS Cannes qui, pour l’heure, ne compte qu’un élément de plus en ses rangs. Mais un monstre, un géant, un CV sur échasses doublé d’un compétiteur acharné.
Le recrutement de Jan Koller dont nous avons loué la pertinence est lesté d’une double ambition. La première tient aux qualités de l’avant-centre tchèque. Quelques bons centres distillés ce soir devraient suffire à ouvrir le compteur buts de celui que Coubertin se languit de découvrir. Son double mètre joint à la précision d’un jeu aérien fameux ne seront pas de trop pour percer le mur des Pyrénées-Atlantiques annoncé par Jean-Claude Larrieu, l’ancien Cannois reconverti dirigeant de l’Aviron Bayonnais.
Mais il y a plus. La présence de Jan Koller dans le onze rouge et blanc a vocation à débrider ceux de ses coéquipiers que l’on annonçait comme leaders de jeu. Abdellah Karbouchi, Eric Bauthéac, Albert Milambo et Cyril Arbaud voire Robert Malm, pour ne pas les nommer. Délestés d’une charge mal assumée, il ne serait pas surprenant de voir ces hommes hausser leur niveau dans des proportions considérables eu égard à ce qu’ils ont démontré depuis l’été dernier. Koller vaudrait alors autant pour lui que par son aptitude à entraîner ses coéquipiers dans le sillage de sa réputation.
Faut-il pour autant croire au miracle ? D’aucuns semaient la bonne parole dans les rues de Cannes cette semaine. Ainsi avons-nous entendu tel joueur affirmer que l’équipe emporterait 18 des 20 matches à venir. Chiche !
Le droit à l’erreur n’existe plus depuis longtemps et dans cette compétition où quatre écuries se livrent une lutte sans merci (Evian, Troyes, Reims, Créteil), il est à craindre que l’effet de concurrence maintienne ces clubs à leur meilleur niveau.

Who else ?
Est-ce la raison pour laquelle Ziad Fakhri et Xavier Nielsen s’échinent à booster la qualité de leur groupe ? Sans doute. Et des négociations exceptionnelles se poursuivent dans la plus grande discrétion. Sont visés quatre joueurs en particulier, qui ne jouent pas ou plus. L’ancien Sochalien Santos était de ceux-là. Sevré de ballon, le virevoltant doubiste a reconsidéré ses exigences et se tient prêt à évoluer chez qui le voudra. Istres tient la corde, et l’otpion Santos s’est dégonflée à mesure que d’autres opportunités plus incroyables encore se sont présentées. Elles se nomment Sylvain Wiltord, Camel Meriem et Pavel Nedved. Le premier a beau clamer que la région parisienne constitue sa terre de prédilection, il n’en est pas moins en contacts permanents avec les dirigeants cannois. Le second, éternel espoir dont le visage adolescent cache bien 30 ans révolus, est actuellement à l’essai à Blackburn. Le club anglais est le seul susceptible de lui offrir les émoluments qu’il revendique. L’affaire échouerait, comme cela semble évoluer, « l’hexagone trotter » se trouverait dans une fâcheuse posture sportive, sans club, et financière, avec pour revenus mensuels le plafond des indemnités garanties par le Pôle Emploi.
Bref, plus le 31 janvier se rapproche et plus les chances de voir l’un de ces champions signer à Cannes augmentent.
Une autre possibilité demeure, plus malaisée encore, mais parfaitement envisageable. Pavel Nedved soi-même. Pressé par son compagnon de joutes de l’imiter, le Ballon d’Or 2003 n’est pas insensible aux appels de Jan Koller, auxquels MM. Fakhri et Nielsen apportent tout leur soutien. Des rencontres ont eu lieu récemment et le néo-retraité a engagé une réflexion susceptible de le faire revenir sur une décision qu’il présentait comme sans appel : rejouer au football. A Cannes qui plus est.
A ces patronymes de prestige s’ajoute le fameux n°10 de l’étage au-dessus dont il est légitime de taire l’identité, pour n’embarrasser personne dans l’hypothèse où aucun deal ne se signerait.
Il y a en fin le recrutement incessant de Flavien Belson en provenance de Metz, dont l’essai est jugé concluant par l’état-major ascéiste.
L’AS Cannes 2010 entame sa folle mission tout à l’heure (18h30, Coubertin). Assurément, ça parlera dans les travées. Beaucoup.

T.deP.
Photo Richard - rik6666.fr

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