Forum Actufoot.06

Trêve de plaisanterie

INSIDE Quand les résultats inconstants de l’AS Cannes obligent à un recadrage complet.


Jeudi 5 Novembre 2009

Agrandir la taille du texte Diminuer la taille du texte Imprimer cet article Envoyer cet article à un ami


Les Cannois ont fini de rire, que chacun se le tienne pour dit. La déculottée reçue à Pacy-sur-Eure (défaite 3-0) doublée d’une leçon d’envie a ulcéré l’environnement rouge et blanc. A commencer par Xavier Nielsen et Ziad Fakhri. Inlassablement soucieux d’assurer le meilleur confort à leurs salariés, les dirigeants ont fait comprendre que la moindre doléance serait désormais très, mais alors très malvenue. Après avoir fait aveu de faiblesse, s’excusant presque d’avoir été trop gentil, le DG a prévenu qu’en l’état de leur motivation, plusieurs éléments sortiraient du groupe d’ici au mercato. Les joueurs sont à présent personae non gratae dans le bureau présidentiel, les écarts de comportement aussi.
Albert Milambo fut l’un des premiers à le comprendre, au terme du galop d’entraînement opposant la semaine dernière les titulaires du National et la réserve de Farid Tabet, renforcée par quelques joueurs clés de du groupe de David Bettoni (U19). Rigolard malgré un piteux 2-2 et deux buts « casquette » encaissés par les pros, l’ancien Beauvaisien s’est fait sermonner comme jamais par son directeur général. Le ton est monté très haut. Pas davantage d’immunité cannoise pour Steven Paulle, vertement semoncé par Xavier Nielsen : "Suffit les buts à la con !"
La veille, Alga Baldé en avait déjà pris pour son grade, coupable de s’être rendu bien trop en retard à l’entraînement du matin. Albert Emon l’a non seulement renvoyé aux vestiaires, il l’a aussi fait évoluer avec la réserve lors de la confrontation interne.

Les yeux dans les yeux


A 4,2 millions d’euros la plaisanterie, on ne peut qu’abonder dans le sens du recadrage imposé. L’opération « dégonflage des cerveaux » évoquée dans ces colonnes (voir ici) a atteint son point culminant et les joueurs ont maintenant compris que le tourisme footballistique devait cesser, fût-ce à Cannes. La réunion qu’ils se sont imposée dans l’intimité du vestiaire, sans staff ni dirigeants, en apporte un premier gage. Titulaires ou non, les plus expérimentés ont pris la parole pour dresser l’état des carences ascéistes. Di Bartoloméo, Malm, Arbaud et Leoni ont tour à tour pointé le manque de mobilité et d’agressivité collective, la communication déficiente sur le terrain et l’incompréhension entre les lignes. Des vérités ont été dites. Avant Pacy déjà, Albert Emon avait mis le doigt sur les défaillances de chacun, nommément et en présence de tout le vestiaire.  
L’application avec laquelle les Cannois ont balayé la DHR de Saint-Jean de Beaulieu, dimanche en coupe (victoire 6-0), malgré une entame hésitante, livre une indication supplémentaire. La prise de conscience est bien réelle. Et l’ASC va battre des Hyérois mal en point, demain soir à Coubertin. Il ne peut en être autrement, en l’état de ce que les deux semaines écoulées ont charrié d’événements. Cette certitude est étayée par un élément déclencheur : Rudy Gestede est apte à la compétition. La qualité de son jeu aérien, la précision de ses déviations, le réalisme de l’espoir lorrain et, surtout, sa capacité à conserver le ballon le temps que le bloc équipe remonte, confèrent une solution majeure dont l’équipe avait grand besoin.
Affirmer que la victoire est essentielle relève de la tautologie. Mais à y regarder de plus près, ces trois points apparaissent moins nécessaires au plan comptable que par leur propension à rasséréner le collectif à huit jours du déplacement cristolien. Celui où il faudra passer un palier. Sans alternative possible. Celui encore où les tricheurs s’excluront d’eux-mêmes.

T.deP.

Photo : Rik OCC

Plus d'infos sur...


AS Cannes

National

Le blog de Bernard Morlino